Voyage – destination : Zadar en Croatie

Voyage – destination : Zadar en Croatie

Voyage en Croatie

Une belle destination dans l’Adriatique. Nous avons décidé de louer un voilier pour deux familles à Biograd, et l’aéroport de Zadar semble tout à fait adapté pour s’y rendre. Les vols n’étant pas nombreux au départ de la PACA, c’est le PA28 F-HBCH qui nous transportera.

Planification et préparation

Quelques mois auparavant, nous avons commencé à prévoir notre voyage pour voir si c’était faisable.
La première étape fut de consulter le site skyvector, au départ plutôt adapté aux USA, mais qui comporte de la cartographie mondiale :

Comme la distance franchissable par le PA28 est d’environ 490 NM avec 30 minutes de réserve et que nous avons un peu plus de 370 NM à parcourir, et que les enfants sont légers, nous décidons de shunter l’étape ravitaillement en Italie initialement prévue juste avant Venise. Ainsi il nous restera à l’arrivée un peu plus d’une heure d’autonomie à 75% de la puissance, ce qui nous permettra de rejoindre tous les aéroports Croates (sauf Dubrovnik) et 5 aéroports sur la côte italienne en se déroutant depuis la destination initiale.

La seconde étape de la préparation fut de consulter l’AIP Croate, source d’information au format standardisé, qui permet d’obtenir toutes les infos officielles concernant notre destination et les déroutements éventuels. Un coup de Google avec les termes « croatia aip » et nous voila dès le premier lien sur ce site. Il suffit ensuite de cliquer sur la date de l’édition actuelle, puis PART 3 AERODROMES et enfin LDZD ZADAR :

Là, évidemment, la première fois, ça pique un peu les yeux… mais beaucoup d’informations y sont présentées de manière très claire, à condition de lire un peu d’anglais. Ce qui m’intéresse en premier lieu est de savoir :

  • si l’on y trouve du carburant (100LL)
  • si les petits avions y sont bien accueillis
  • si les taxes sont élevées
  • les horaires d’ouverture de l’aéroport
  • les formalités éventuelles (police, douane …)

On y trouve certaines de ces informations, mais le site de l’aéroport (google search : « zadar airport » puis rubrique « contacts » et enfin « divisions » et « ground operations ») nous renseignera sur l’adresse email à utiliser pour obtenir certains renseignements : groundops@zadar-airport.hr

Deux heures plus tard, j’ai la réponse à toutes mes questions:

  • oui j’aurai de la 100 LL
  • oui il y a une taxe, 32 EUR plus 4 EUR par jour de parking, au milieu du mois de juillet.
  • oui, on accueillera mon avion pour une semaine

A quelques jours de la date du voyage, je leur renverrai un message contenant les données exactes de notre vol, immatriculation, heure d’arrivée et de départ, provenance / destination et masse maxi au décollage de l’avion.

Revenons au site de l’AIP croate, on y trouve aussi les cartes VAC des différents terrains en libre accès ainsi que les cartes VFR, ce qui est appréciable pour avoir des informations à jour.

Attention, comme souvent ailleurs dans le monde, les cartes VAC ne ressemblent pas à ce que nous avons en France. Elles sont beaucoup plus sommaires. Un zoom sur la 1/500.000 ème et un dessin des pistes suffit. Pas de circuit de piste, pas de ronds bleus, pas ou peu de trajectoires d’arrivée.

Pour les cartes VFR, google a été encore mon ami en tapant « vfr charts croatia » . Le second lien renvoie sur le site de CROCONTROL et permet de télécharger les cartes VFR, très détaillées et très bien faites, en PDF.

Il ne restera plus qu’à faire la même chose avec l’Italie et les terrains de déroutement de ce pays. Cette fois, c’est le site générique d’Eurocontrol qui fournit beaucoup d’éléments dans la plupart des pays. Google sert beaucoup décidément avec les termes « eurocontrol basic ead ». Après une inscription immédiate sur le site, on clique sur AIP LIBRARY, puis on choisit son pays, et quelques autre items, avant d’arriver sur la liste des terrains du pays. Ca c’est pour les cartes d’approche.

Pour les cartes VFR italiennes, soit on achète la carte AIR MILLION (disponible dans nos deux avions), soit on va carrément sur le site de l’AIP italien : google « aip italia ». Encore une inscription et dans la rubrique ENR 6 on trouve les cartes VFR italiennes (attention, encore de gros PDF qu’il faut prendre le temps de télécharger et d’imprimer correctement)

Bon, une fois que tout ce matériel est rassemblé, imprimé, et copié dans la tablette et le téléphone au cas où, il ne reste plus qu’à prendre les NOTAM et à remplir le plan de vol. Pour les informations aéro, le site notaminfo.com est une source visuelle très commode quand on parcourt de grandes distances. Sinon il y a aussi ce bon vieux SIA qui rend service.
Concernant les plans de vol, il y a bien longtemps que je n’utilise plus le BNIA ni OLIVIA, car s’ils sont très pratiques au départ de la France, on ne peut pas y déposer des plans de vol à partir de l’étranger, ni sauvegarder les infos des précédents vols, ni effectuer de changements.
Je recommande l’utilisation de EUROFPL qui permet justement tout ceci, en plus d’être gratuit (pour les 10 premiers plans de vol par mois – ce qui en général est suffisant – et payer pour les suivants ne coûte pas plus de 10 euros). Il faut encore s’inscrire, mais pas de numéro de CB, juste des infos basiques. Tous les anciens plans de vol sont sauvegardés en mémoire, il suffit d’en ressortir un pour le modifier sans toucher aux données concernant l’avion. On peut le sauvegarder en attendant de le déposer, on peut l’envoyer sur Google Docs ou Dropbox, on peut imprimer un PDF, on peut déposer son plan de vol d’un clic de souris ou de smartphone, on peut délayer, on peut clôturer, annuler etc… et on reçoit même les messages réponse d’eurocontrol. C’est extrêmement pratique car on sait tout de suite si le plan sera rejeté ou pas. Depuis que j’utilise ce service, ça a toujours fonctionné, et beaucoup plus vite qu’Olivia ou le coup de fil au SIA. Il y a d’autres services équivalents, autorouter, rocketroute, skydaemon, etc, mais celui-ci est très simple et gratuit.

Une autre fonctionnalité que j’adore avec ce site, c’est qu’il calcule automatiquement les estimées de passage des FIR (cliquer dans la case 18 et Attempt EET AUTO-CALC).Il faut ensuite appuyer sur le ‘+’ pour insérer cela dans le FPL.

 

 

 

 

J’ai choisi les points de la route en m’aidant de skyvector – carte WORLD VFR et carte WORLD Lo. En effet, cette seconde carte donne les routes aériennes, et ces points sont connus et souvent utilisés des services de contrôle, même en VFR.

     

Le vol aller

La pilote de la veille m’ayant gentiment fait le plein complet, nous avons prévu de décoller à 7h00 pour arriver sur place vers 10h00. A Cannes, il faut passer par le terminal pour les vols à destination de l’étranger et se faire viser par la PAF. Après quelques péripéties dues à des personnes trop zélées mais la gentillesse d’autres agents, nous arrivons enfin à notre avion pour le charger et décollons avec 40 minutes de retard. Belle météo, Windy est vraiment le meilleur outil pour planifier un vol, couplé à Ogimet qui donne une coupe sur le trajet, et météo France pour avoir un dossier papier. Nous n’aurons pas à nous soucier de la nébulosité sur le trajet, les cieux étant parfaitement limpides pendant les trois heures de notre vol.

Portofino

Tout commencera par une traversée du Golfe de Gênes en direct à environ 7500 ft pour aborder les Apennins, montagnes assez hautes qui nous donneront un peu de fil à retordre au retour. Contact radio avec Milano Information, qui nous passe Genoa Approach, qui nous laisse transiter en direct vers Zadar au premier contact. La navigation ne sera pas compliquée… Padova Information en posera pas plus de problème et nous demandera juste de descendre sous 4500 ft sur l’Adriatique à cause d’un secteur d’entraînement militaire, prévu dans la préparation (cartes italiennes et croates).

Enfin, l’arrivée en Croatie nous révélera la magnificence de ses paysages ! L’occasion de faire un peu de tourisme avec l’accord immédiat du contrôleur de Pula et de survoler les îles que nous visiterons bientôt en voilier.

S’en suivra un atterrissage à Zadar après une base main gauche, piste immense et toucher dans le dernier tiers pour ne pas la bloquer trop longtemps. Une voiture à damiers nous fera rouler vers le parking aviation générale, les agents au sol agitent leurs bras pour nous souhaiter la bienvenue et accessoirement nous donner des instruction de roulage, le camion viendra nous faire le plein de carburant (tarif équivalent à celui de Cannes) pendant que nous rassembleront nos quelques bagages, pendant qu’un agent au sol nous attachera l’avion à de solides blocs.

Moins de 30 minutes après l’atterrissage, nous serons sur la route de la marina où attend un magnifique notre 45 pieds de location, quasi neuf, pour le bonheur des parents et des enfants.

Le vol retour

Une semaine après avoir embarqué, nous devons déjà quitter notre voilier et nous réveiller à 5 heures du matin pour repartir les larmes aux yeux vers Cannes. L’aéroport n’ouvrant pas avant 6h00 (le soleil a une demi-heure d’avance à Zadar par rapport à Nice), il n’est pas nécessaire de se presser outre mesure.

Arrivés sur place, nous nous rendons à l’aérogare dédiée à l’aviation générale, où l’on m’explique que, oui, je peux passer par là, mais oui, je devrai payer 100 € pour le service (l’aérogare AG sera spécialement ouverte pour nous). N’ayant ni la folie des grandeurs, ni l’envie de claquer 100 euros pour rien, je choisis le circuit passagers. Une fois la taxe payée (conforme à ce qui m’avait été annoncé dans le mail, environ 70 euros pour 8 nuits), l’agent au sol, très gentiment nous fera doubler tous les touristes allemands qui patientaient au filtre sécurité pour nous emmener très vite à notre avion, refusant plusieurs fois le pourboire que je voulais lui laisser pour l’occasion. Même pas 30 minutes après l’arrivée à l’aéroport, nous décollerons pour Cannes, sans aucune contrainte de contrôle.

Il faudra cependant dès le contact avec Padova Info nous dérouter de plusieurs nautiques au sud à cause d’un front orageux venant du Nord, déjà actif sur Venise et même Pula. Cette météo était prévue et a motivé notre départ tôt le matin. Malgré notre prudence, des éclairs surgiront sur la droite de l’avion, entre les nuages, à une dizaine de nautiques, mais c’est difficile à estimer en l’air.

Le survol de la côte est (région des Marches) se fera sans problème avec le survol du cricuit du GP moto de San Marin, ayant survolé à l’aller celui d’Imola.

Et, une fois San Marin passé, les contreforts des Apennins feront que nous devrons rester sous les nuages et viser de plus en plus les vallées. Après 15 minutes d’efforts pour rester VMC entourés de nuages toujours plus bas et de montagnes toujours plus hautes, nous profiterons d’une éclaircie de plus en plus rare pour tourner dans un trou et passer au-dessus des stratocumulus, aux alentours de 7000 à 8000 ft.

Ainsi, nous raterons la vue de Florence, mais pourrons poursuivre notre voyage sans aucune encombre. Encore une fois, le contrôle italien sera là pour nous faciliter la tâche, et les contacts radio se limiteront à « Ciao », plus tard  » climbing » et à la fin « arivederchi ».

Enfin, Cannes sera atteint après 3h15 de vol plus 15 minutes de circuit au-delà de la Roquette et une remise de gaz à cause d’un avion voulant décoller, qui est tombé en panne au moment de la mise en puissance. Peu importe, les vacances furent merveilleuses et l’expérience à renouveler.

N’hésitez pas à voyager, c’est le meilleur moyen de se former, que ce soit au niveau de la préparation, ou de la réalisation des vols. Une bonne préparation rend la chose toujours très facile, et ce fut encore une fois le cas.

Bilan : 

  • 7 h de vol aller-retour, non stop en direct
  • taxes très faibles en Croatie (70 euros pour une semaine)
  • carburant au même prix qu’en France
  • formalités extrêmement simples en Croatie
  • peu de problèmes météo en été (sauf lors de notre retour, mais c’est exceptionnel le matin)
  • et de merveilleuses vacances au paradis des voileux !

 

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